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Blessures

Tendinopathie d’Achille chez le coureur

7 min de lecture Mis à jour le 30 juillet 2026

Adulte touchant doucement son tendon d'Achille après une course, piste en arrière-plan flou
Réponse courte

Une douleur du tendon d’Achille qui apparaît au démarrage, s’atténue à l’échauffement puis revient après la course correspond au tableau typique d’une tendinopathie. Le repos seul soulage sans traiter. La progression de charge — isométrique puis lente en résistance — est la mesure la mieux documentée.

Le contexte

Le tendon d’Achille encaisse plusieurs fois le poids du corps à chaque foulée. Il s’adapte très bien à la charge, mais lentement : c’est le décalage entre une augmentation rapide du volume de course et la vitesse d’adaptation du tendon qui crée le problème.

Ce que cela recouvre le plus souvent

Facteurs les plus fréquemment retrouvés

Augmentation rapide du volume

Le déclencheur le plus courant : un saut de charge hebdomadaire trop important.

Retour après une pause

Le tendon se désadapte plus vite que la capacité cardio-respiratoire — d’où la reprise trop ambitieuse.

Introduction du fractionné ou des côtes

Les charges rapides sollicitent fortement le tendon.

Changement de chaussures

Un drop plus faible augmente la contrainte sur le tendon ; le changement doit être progressif.

Manque de force du mollet

Un déficit de force est régulièrement retrouvé et constitue une cible de traitement.

Sommeil et récupération insuffisants

L’adaptation tissulaire se fait pendant la récupération, pas pendant l’effort.

Ce qui aide à distinguer les situations

  • Douleur au milieu du tendon, à quelques centimètres du talon : localisation la plus fréquente.
  • Douleur à l’insertion sur le talon : progression différente, éviter les étirements en fin d’amplitude.
  • Craquement brutal suivi d’une impotence : suspicion de rupture, consultation le jour même.
  • Douleur nocturne permanente sans lien avec l’effort : à évaluer — voir quand consulter.

La progression de charge

Quatre étapes, plusieurs semaines chacune

  1. Réduire sans arrêter

    Baisser le volume de course de 30 à 50 %, conserver les sorties faciles sur terrain plat — le rythme d’une progression raisonnable est illustré dans reprendre la course après une pause.

  2. Isométrique

    Montées sur la pointe des pieds tenues 30 à 45 secondes, cinq répétitions, une à deux fois par jour.

  3. Renforcement lent

    Montées et descentes contrôlées sur trois secondes chacune, charge augmentée chaque semaine.

  4. Retour à la vitesse

    Sauts, foulées bondissantes et fractionné en dernier, lorsque le travail lent est indolore.

Ce qu’il faut éviter

  • Arrêter complètement pendant six semaines puis reprendre au volume antérieur.
  • Étirer intensément un tendon irritable, surtout en cas de douleur à l’insertion.
  • Changer de chaussures dans l’espoir d’un effet immédiat.
  • Abandonner le programme au bout de trois semaines : les délais utiles se comptent en mois.

Quand consulter

Prévenir la récidive

  • Augmenter le volume hebdomadaire progressivement, sans à-coups après une interruption.
  • Conserver deux séances de renforcement du mollet toute l’année.
  • Introduire séparément les nouveautés : côtes, vitesse, chaussures, terrain.
  • Protéger le sommeil pendant les phases de charge élevée.

Questions fréquentes

Peut-on continuer à courir ?

Dans la plupart des cas oui, à volume réduit, en respectant la règle des 24 heures.

Les talonnettes servent-elles ?

Elles peuvent réduire temporairement la contrainte et le confort, surtout en cas de douleur à l’insertion. Elles ne remplacent pas le renforcement.

Sources

Références consultées pour la rédaction et la relecture de cette page.

  1. Cochrane Library. Revues systématiques en médecine de l’appareil locomoteur. Cochrane, 2026. Consulter la source
  2. physioswiss. Association suisse de physiothérapie. physioswiss, 2026. Consulter la source
  3. Organisation mondiale de la Santé. WHO guidelines on physical activity and sedentary behaviour. OMS, 2020. Consulter la source
  4. Bureau de prévention des accidents (BPA). Sport et activité physique : prévention des accidents. BPA, 2026. Consulter la source

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