Douleurs
Hanche douloureuse la nuit : pourquoi, et que faire
6 min de lecture Mis à jour le 5 août 2026
Une douleur du côté de la hanche qui se réveille en position couchée évoque le plus souvent une atteinte des tendons fessiers, comprimés entre l’os et le matelas. Deux réglages immédiats aident : dormir sur l’autre côté avec un coussin entre les genoux, et cesser temporairement les étirements du côté douloureux. Le traitement de fond est le renforcement progressif des fessiers.
Le contexte
Sur le relief osseux du côté de la hanche s’insèrent les tendons des muscles fessiers, protégés par de petites poches de glissement. Quand ces tendons sont irrités — le plus souvent par un déséquilibre entre ce qu’on leur demande et leur force du moment — l’appui direct du matelas devient douloureux. C’est pourquoi cette douleur se manifeste d’abord la nuit, alors qu’elle vient d’habitudes diurnes.
Ce que cela recouvre le plus souvent
Situations fréquentes
Tendinopathie des fessiers
La cause dominante après 40 ans, surtout chez les femmes. Douleur du côté de la hanche, couché dessus, en montée d’escaliers et en station sur une jambe.
Augmentation récente d’activité
Reprise de marche rapide, randonnée en dénivelé, nouveau programme de sport : la charge a monté plus vite que la force.
Compression d’habitude
Dormir toujours du même côté, s’asseoir jambes croisées, se tenir debout le bassin déporté : autant de positions qui compriment le tendon.
Douleur projetée du dos
Une douleur de fesse plus que de côté, variant avec la position du tronc, oriente vers le dos — voir mal de dos.
Articulation de la hanche
Une douleur plutôt dans le pli de l’aine, marquée à la marche, relève d’une autre logique — détaillée dans le guide douleur à la hanche.
Douleur nocturne permanente
Une douleur qui ne dépend ni de la position ni de l’appui, présente chaque nuit, doit être examinée sans attendre.
Ce qui aide à distinguer les situations
| Élément | Plutôt tendons fessiers | À faire évaluer |
|---|---|---|
| Position | Douleur couché sur le côté atteint | Douleur dans toutes les positions |
| Localisation | Point précis sur le côté de la hanche | Aine, fesse ou cuisse diffuses |
| Journée | Escaliers et station sur une jambe douloureux | Boiterie ou blocage |
| Évolution | Stable ou lentement variable | Aggravation continue, fièvre, amaigrissement |
Gestes prudents dès ce soir
Trois réglages de nuit, un travail de jour
Changer de côté, caler les genoux
Dormez sur le côté non douloureux avec un coussin épais entre les genoux : il empêche la jambe du dessus de tomber en travers et de tendre le tendon.
Sur le dos, léger coussin sous les genoux
Si vous dormez sur le dos, un petit coussin sous les genoux détend la région et améliore souvent le confort.
Suspendre les étirements du côté douloureux
Contre-intuitif mais important : étirer un tendon fessier irrité le comprime davantage. On le renforce, on ne l’étire pas.
Renforcer en journée
Ponts fessiers, appuis sur une jambe, montées de marche lentes, deux à trois fois par semaine : c’est le traitement de fond, validé par un essai comparatif de référence.
Ce qu’il faut éviter
- S’asseoir jambes croisées ou affalé sur une hanche.
- Rester debout le bassin déporté sur la jambe douloureuse.
- Multiplier les étirements « pour assouplir » le côté qui fait mal.
- Arrêter toute marche : réduire la durée suffit, la suppression complète affaiblit.
Quand consulter
Prévenir la récidive
- Poursuivre le renforcement des fessiers après la disparition de la douleur.
- Augmenter la marche et le dénivelé par paliers.
- Varier les positions assises dans la journée.
- Garder un coussin entre les genoux tant que le côté reste sensible.
Questions fréquentes
Faut-il changer de matelas ?
Rarement. Un matelas très ferme peut accentuer la compression du côté, mais le coussin entre les genoux et le renforcement agissent plus sûrement qu’un changement de literie.
Une infiltration règle-t-elle le problème ?
Elle peut soulager à court terme, mais l’essai comparatif de référence montre qu’à un an, l’éducation associée aux exercices fait mieux. L’infiltration se discute en appoint, pas en traitement de fond.
Sources
Références consultées pour la rédaction et la relecture de cette page.
- Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al.. Education plus exercise versus corticosteroid injection use versus a wait and see approach on global outcome and pain from gluteal tendinopathy (LEAP trial). BMJ, 2018. Consulter la source
- Cochrane Library. Revues systématiques en médecine de l’appareil locomoteur. Cochrane, 2026. Consulter la source
- physioswiss. Association suisse de physiothérapie. physioswiss, 2026. Consulter la source
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